Ce que recouvre vraiment le mot « italienne »
Une douche à l’italienne, au sens strict, est une douche de plain-pied : aucun ressaut, le sol de la pièce se prolonge dans la zone de douche, l’eau s’évacue par une pente et un caniveau ou une bonde. Ce n’est pas la même chose qu’un receveur extra-plat posé à fleur de carrelage, même si le rendu s’en approche beaucoup.
La distinction n’est pas cosmétique : elle décide du budget, du délai et parfois de la faisabilité. Voici les points que nous vérifions au relevé, avant toute discussion sur le carrelage.
La hauteur disponible sous le sol fini
C’est le point numéro un. Une vraie douche maçonnée demande de loger la pente, le siphon et l’étanchéité sous le niveau du sol : comptez entre 10 et 15 cm de réservation. En maison avec plancher bois ou en rez-de-chaussée sur terre-plein, c’est souvent possible. Dans un appartement sur dalle béton, cela suppose une chape suffisamment épaisse — ou un léger rehaussement de toute la pièce.
Si la hauteur manque, le receveur extra-plat de 26 à 30 mm, posé à fleur ou avec un ressaut minimal, est la bonne réponse. Il se pose en une journée, coûte nettement moins cher, et personne ne voit la différence une fois la paroi installée.
La pente et l’évacuation
- Pente — 1 à 2 % vers l’évacuation, soit 1 à 2 cm par mètre. En dessous, l’eau stagne ; au-dessus, on sent la pente sous les pieds.
- Débit — une bonde classique évacue environ 0,4 l/s, un caniveau linéaire jusqu’à 0,8 l/s. Avec une douche de tête ou deux sorties d’eau, le caniveau devient obligatoire.
- Position — caniveau contre le mur du fond ou côté paroi. Une bonde centrale impose une pente à quatre versants, plus délicate à réussir et plus visible.
- Accès — la grille doit se retirer sans outil : les cheveux et le calcaire réclament un nettoyage mensuel.
L’étanchéité : le poste sur lequel on ne négocie pas
Le carrelage n’est pas étanche, et le joint encore moins. L’étanchéité d’une douche de plain-pied repose sur un système sous carrelage — natte ou résine — remontant d’au moins 10 cm sur les murs, avec bandes de renfort dans les angles et collerette autour de la bonde.
C’est invisible une fois terminé, cela représente une part modeste du devis, et c’est la seule chose qui vous sépare d’un dégât des eaux chez le voisin. Un devis de douche à l’italienne qui ne mentionne pas explicitement le système d’étanchéité est un devis incomplet : demandez la précision par écrit.
Les cotes de confort
Une douche confortable pour un adulte mesure au minimum 90 × 90 cm. À partir de 120 × 90, on peut se retourner et se pencher sans toucher la paroi ; à 140 × 90, on installe un banc ou une niche sans perdre de place utile.
Autres repères que nous appliquons : la douche de tête à 210-220 cm du sol fini, la douchette sur barre entre 100 et 150 cm, le mitigeur à 110 cm et déporté du jet pour pouvoir l’ouvrir sans se mouiller, et une paroi fixe d’au moins 90 cm pour retenir les projections sans porte.
Prévoir l’accessibilité, même à quarante ans
Une douche de plain-pied est déjà, par construction, la solution la plus accessible. Quelques options coûtent presque rien à la pose et beaucoup plus tard : renforts dans la cloison pour recevoir une barre d’appui, banc maçonné plutôt que siège rapporté, largeur de passage de 90 cm, et sol antidérapant classé au moins R10.
Nous les proposons systématiquement, y compris à des clients de quarante ans qui rénovent pour vingt ans. Poser un renfort dans une cloison ouverte coûte quelques dizaines d’euros ; l’ajouter après coup impose de tout rouvrir.
Article rédigé par l’équipe de conception de Cosy Cuisine, à partir de projets réalisés dans l’Yonne. Les cotes et budgets cités sont des ordres de grandeur constatés sur nos chantiers ; ils ne remplacent pas une étude sur votre pièce.




